Pierre-Joseph et Julie : une belle histoire d’amour
Comment Pierre-Joseph BEAUCARNE (1814-1892) et Julie VUYLSTEKE (1815-1909) se sont-ils connus ?
Les circonstances de leur rencontre sont assez extraordinaires. La roue d’un chariot qui se brise… et c’est le commencement d’une histoire d’amour peu banale qui mérite d’être connue par tous leurs descendants.
Cette histoire pourrait commencer comme un conte de fée : « Il était une fois… »
Pierre, cultivateur, était encore célibataire. Il exploitait avec ses parents une ferme située près du cimetière à herseaux. (…Et l’émission « L’amour est de le pré » ne mariait pas encore les fermiers vieux garçons; pas encore de télé d’ailleurs…;-)
Un jour, il prend la route avec un attelage. Ses chevaux tirent un lourd chariot chargé de lin qu’il va livrer dans un rouissoir installé sur les rives de la Lys, une rivière dans laquelle on maintient le lin pour le faire rouir. Il a choisi l’itinéraire le plus court, par des chemins pavés, cahoteux… Mais les chevaux de trait vont à leur pas, sûr et régulier…
Soudain, en traversant le village de Rollegem, c’est l’accident ! Un nid-de-poule (déjà à l’époque !..) plus agressif ébranle le chariot et une roue se brise dans les pavés défoncés ! L’attelage s’est immobilisé et, par chance, en face, une ferme où Pierre demande aussitôt de l’aide… Le fermier, Jean-Adrien VUYLSTEKE, comprend le désarroi de Pierre et, généreusement, lui propose l’hébergement, pour lui et ses chevaux. En ce temps-là, Touring Assistance n’existe pas encore !.. Demain on avisera; le charron du village sera sollicité…
Dans la soirée, après le repas servi par Julie, la fille de la maison, et à la lueur du quinquet, la conversation s’engage entre les deux hommes. C’est alors que Pierre demande à son hôte : « Ne connaissez-vous pas une ferme que je pourrais reprendre dans les environs ? ». « Si, lui répond le fermier, ma ferme est à remettre… et ma fille est à marier !.. »
(D’après l’arbre généalogique, Pierre et son frère étaient cultivateurs, donc j’en déduis que c’est Henri qui a continué d’exploiter la ferme familiale d’Herseaux…)
C’est ainsi que Julie et Pierre se sont connus. Et puis, ils se sont mariés. Pierre avait 40 ans (mais paraissait sans doute beaucoup plus jeune !) et Julie, 19 printemps seulement !
On a raconté aussi dans la famille, que le jour de leur mariage, après que le bourgmestre eut donné lecture de l’état-civil des futurs époux, Julie dit à son promis : « Pierre, je ne savais pas que vous étiez déjà si âgé ! » et Pierre lui répondit : « Julie, vous ne m’avez jamais demandé mon âge… ».
Mais qu’importe, ils se sont aimés et ont eu une grande famille…
De 1855 à 1875, treize enfants sont venus égayer leur foyer, le septième étant Jules, notre grand-père (mon arrière-grand-père), né en 1865.
Ce que nous savons aussi, c’est qu’ils furent des époux et des parents modèles, et que leur vie fut un exemple de courage, de générosité, de sagesse et de vertu. Le texte écrit sur leur image mortuaire en est un témoignage.
Forts de leurs racines chrétiennes, leur grande foi imprégna aussi toute la vie familiale comme le rappelle ce dernier souvenir laissé dans la famille.
Chaque jour, Pierre et Julie réunissaient leurs enfants autour d’eux et, ensemble, devant une statue de la Vierge, ils disaient la prière du soir. Cette statue fut récupérée par notre cousin, l’abbé marcel, mais nous ignorons ce qu’elle est devenue aujourd’hui…
Malheureusement, pas de photo de Pierre-Joseph notre aïeul mais plusieurs de maman Julie :
